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« Data Driven Economy » : En quoi le RGPD peut être lié à la puissance économique de la France et de ses entreprises ?

- 5 April 2018

Quand l’affaire Cambridge Analytica fait déraper le géant américain Facebook, elle rappelle que la donnée, nerf de la guerre économique du XXIème siècle est une valeur précieuse …. Qu’il faut vraiment protéger !

Data Driven economy

La « Data Driven Economy » succède à l’économie de l’information du XXème siècle. En effet, les données sont désormais foison : 200 milliards d’objets connectés d’ici 2020. En moins de dix ans, le volume total de données à analyser devrait être multiplié par plus de huit selon le cabinet d’analystes IDC, pour atteindre 163 Zettaoctets (163 milliards de Téraoctets).

Or, à part pour quelques grands groupes internationaux ou états, la donnée est encore insuffisamment exploitée par les puissances publiques ou privées pour en faire un avantage concurrentiel et maîtriser son destin économique.

Un nouveau paradigme économique et social

Un récent article du Think Tank CIGI (Centre for International Governance Innovation) dessine le nouveau paradigme : Il met en exergue la prédominance des entreprises superstars et le « combat » entre les nations face à la fracture numérique. Il suppose que l’émergence du capital de la connaissance machine en tant que rival du capital humain spécialisé pourrait créer un risque social séculaire s’il n’est pas suffisamment préparé et maîtrisé.

Ainsi, il préconise la mise en place de « sandbox réglementaires » autrement dit de « fonds de données » partagées et cogérées par des entités légitimes locales ou nationales.

Investissements dans l’Intelligence Artificielle

Le récent rapport Villani, remis au Premier Ministre la semaine dernière souligne l’importance du développement de l’Intelligence Artificielle. L’IA contribuera à augmenter la valeur des données captées ou produites par les entreprises et les états.

Il souligne également la nécessité qu’en France, les acteurs privés et publics collaborent pour la mise en place de bases de données :

« Ce n’est qu’au prix d’un plus grand accès et d’une meilleure circulation de ces données, pour en faire bénéficier les pouvoirs publics, mais aussi les acteurs économiques plus petits et la recherche publique, qu’il sera possible de rééquilibrer les rapports de forces. La puissance publique doit pour cela amorcer de nouveaux modes de production, de collaboration et de gouvernance sur les données. » *

RGPD : Voir l’opportunité plutôt que la contrainte

Les recommandations du rapport Villani comportent de nombreuses notions de protection des données personnelles et des risques sociaux, éthiques et économiques liées à leur non-respect.

En effet, les réglementations comme le RGPD mettent en exergue la volonté des états de structurer cette nouvelle économie et de préparer les entreprises à en tirer un avantage concurrentiel en respectant certaines règles.

Notons au passage, que selon premier baromètre RGPD réalisé par l’Association Française des Correspondants aux Données Personnelles (AFCDP), sur le premier trimestre 2017, seules 19% des entreprises interrogées estiment qu’elles seront conformes au RGPD le 25 mai 2018 tandis que 44% considèrent qu’elles ne le seront que partiellement….

Il faut donc voir le RGPD non comme une contrainte mais comme un cadre commun qui permettra aux entreprises européennes de mettre en œuvre une exploitation responsable de leurs données pour être plus compétitives dans le paysage concurrentiel mondial.

* « Donner un sens à l’Intelligence Artificielle », Rapport de la Mission parlementaire 2018 confiée par le Premier Ministre à Cédric Villani Mathématicien et député de l’Essonne.

 Source de l’image sur l’IA : Ministère de l’Enseignement supérieur de la Recherche et de l’Innovation

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