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Être ou ne pas être (Ubérisé) : telle est la question

- 15 October 2014 4:02 pm

« Être ou ne pas être : telle est la question », déclare le prince Hamlet au moment où il contemple la mort et le suicide. Il se lamente sur la douleur et l’iniquité de la vie, mais admet que l’alternative pourrait être bien pire. « Manger ou être mangé, telle est la loi de la jungle. Définir ou être défini, telle est la loi de l’homme », suggère le psychologue américain Thomas Szasz. C’est bien ce que l’industrie du taxi doit penser aujourd’hui. Où est-il déjà trop tard pour ce secteur? Est-ce que l’alternative à l’iniquité de la vie (donc la fin d’une industrie) est déjà devenue réalité?

Uber constitue un exemple de l’Internet multidimensionnel à l’œuvre. La jeune entreprise, mise sur pied en 2009, est en train de révolutionner le monde. Après seulement cinq ans d’existence, sa valeur atteint près de 20 G$. Et que fait cette entreprise exactement? Elle met en relation des personnes et des objets (plus particulièrement, des voitures et un vaste réseau distribué de chauffeurs, par le biais de leur téléphone intelligent dans plus de 200 villes à l’échelle mondiale). Elle transforme le processus et l’industrie du taxi tels que nous les connaissons. Uber a emballé la technologie autour de la force du nombre (le grand réseau humain) et a mis sur pied un processus et une entreprise qui tire profit de l’évolution de la demande (je dois me rendre quelque part) et de l’offre (j’ai une voiture et je vais vous y emmener) : elle a redéfini les services de taxis tels que nous les connaissons. 

Et les chauffeurs de taxi ne sont pas contents. Ce qui est tout à fait normal, car leurs affaires sont cannibalisées et leur avenir est en jeu.

Dans différentes villes, le lobby contre Uber, Lyft et des entreprises semblables remporte la partie (pour l’instant). Certaines communautés s’opposent à ce qu’Uber établisse ses pénates chez elles. Elles craignent l’inconnu, l’incertitude des modèles d’entreprise qui n’ont pas fait leurs preuves et les risques connexes ou se laissent convaincre par le groupe de pression solide d’une industrie en place. Aucune de ces raisons n’est valable pour mettre un frein au progrès, à l’invention et à l’innovation.

Toutefois, ce blogue ne traite pas d’Uber, de Lyft, d’eBay, de Whatzapp, d’Alibaba ou de l’une des 10 000 autres applications qui définissent l’économie des applications et donnent l’occasion de repenser notre façon d’apprendre, de vivre, de travailler et nous divertir. Dans le cadre de l’économie des applications d’aujourd’hui et de la culture de partage en essor, nous constatons qu’aucun modèle d’offre et de demande n’ayant fait ses preuves n’est à l’abri des interruptions. Nous (les industries établies, les gouvernements et leurs processus d’approvisionnement archaïques, les consommateurs, etc.) pouvons nous imposer et définir le monde d’aujourd’hui ou laisser d’autres le faire pour nous (comme des trentenaires assis à leur table de cuisine et munis d’une connexion Internet).

L’innovation et les possibilités ne devraient pas être interrompues ou arrêtées en raison de règles et de politiques. Elles devraient plutôt être célébrées et encouragées. La prochaine entreprise en démarrage d’une valeur de 20 G$ pourrait avoir pris naissance dans votre sous-sol, votre rue, votre voisinage ou votre communauté. Les chefs de municipalité doivent s’assurer de créer une culture et un environnement qui accueillent chaleureusement les interruptions et les transformations. La nouvelle économie est ici et ses innovateurs sont partout (fait : 40 % des jeunes entreprises les plus prospères ne proviennent pas de zones métropolitaines). Les municipalités de doivent pas tenter de les arrêter ou de les repousser.

L’innovation (largement aiguillonnée par l’émergence constante de technologies et l’Internet) continuera d’introduire de nouveaux modèles de gestion et de consommation et de bouleverser le monde tel que nous le connaissons. Cela est une bonne chose. Tout particulièrement dans le cas de pays où les économies chancellent en raison de la dégradation des secteurs manufacturier et industriel. Si nous voulons modifier les trajectoires de productivité et d’innovation de pays qui ont été des chefs de file dans l’arène mondiale, nous devrons accepter que nos façons classiques de faire soient interrompues et transformées.

Peu importe l’industrie dans laquelle vous travaillez ou encore le secteur dont vous croyez être le leader, si vous voulez jouer un rôle important dans l’économie de demain, vous devez vous assurer de commencer à faire comme Uber dès maintenant (ou accepter qu’une autre entreprise le fasse et vous dame le pion, puis faire face aux conséquences).

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