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GIEC: et après?

wg3coverLe GIEC, Groupe Intergouvernemental d’Experts sur le Climat vient de publier son 5ème rapport, l’AR5 ou Assessment Report 5, et alerte une nouvelle fois les Etats afin qu’ils réduisent leurs émissions de gaz à effet de serre. Le GIEC est chargé par l’ONU de fournir un état des recherches scientifiques sur l’évolution du climat. Près de 20000 études on été ainsi compilées par plus de 800 chercheurs.

Le 5ème rapport a été écrit en 4 tomes et livré au fur et à mesure. Fin septembre 2013, le premier volume était publié: l’état des connaissances scientifiques sur le réchauffement . Fin mars le rapport l’impact et l’adaptation du changement climatique en cours sur les sociétés et écosystèmes était livré, suivi le 13 avril par les réponses à apporter au changement climatique.

Une synthèse des ces rapports sera publiée fin octobre 2014 et clôturera la saga.

Un constat préoccupant

Le bilan s’avère bien plus alarmant que celui de la précédente édition (2007). Le Monde a publié une synthèse très claire sur les points soulevés par le rapport du GIEC.

Le réchauffement climatique est-il notre crise principale à adresser? Hélas non! Notre monde est en crises (environnementale, financière, sociale). Les rapports s’accumulent année après année sur des dysfonctionnements sérieux de notre environnement économique, naturel et social : taux de chômage, réchauffement climatique, crise alimentaire, surpopulation, inégalités, pollutions, crise financière, crise sociale, extinction des espèces animales et végétales, déforestation, etc.

L’évolution d’indicateurs multiples de l’activité humaine et de l’environnement depuis 1750 met en effet en avant une croissance exponentielle. Or une croissance exponentielle ne peut pas continuer indéfiniment à partir de ressources finies. Surtout que de multiples rapports indiquent que des seuils alarmants de consommation de ressources ont été dépassés, comme les travaux de Steffen en 2008 sur l’activité humaine l’indiquent.

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The great acceleration. New Scientist 2008 from Steffen et al 2004

De nouveaux modèles de développement doivent donc être élaborés et mis en place.
Repenser les modèles: vers l’économie circulaire?
Les crises que nous traversons actuellement ne sont pas conjoncturelles mais structurelles. Comme Albert Einstein déclarait : “On ne résout pas les problèmes avec les modes de pensée qui les ont engendrés” . Seule une approche systémique permet d’appréhender de manière globale la situation et de proposer des nouvelles heuristiques afin de la contrôler.
Je pense que l’économie circulaire constitue le modèle le plus approprié pour répondre aux divers défis que la situation amène. L’économie circulaire construit un schéma à partir de l’épanouissement de l’homme et du vivant, basé sur l’innovation et la création de valeur à travers une pensée systémique où le système fonctionne de manière optimale plutôt que sur la recherche de l’efficacité sur certains éléments de l’économie au détriment de sa stabilité. Le principe est de « ne plus faire moins mal mais bien » comme Michael Braungart et William McDonough l’indiquent dans leur ouvrage Cradle-to-Cradle.

 Et sa mise en place nous prendra quelques années…

Et pendant ce temps, que faisons-nous?

Jacques Chirac, alors Président de la République Française, disait: Notre maison brûle et nous regardons ailleurs“. Cette phrase a marqué le Sommet mondial du développement durable organisé par les Nations-Unies en 2002 à Johannesburg.

Plutôt que de nier la réalité, la transition vers un modèle vertueux doit s’engager tout de suite. Le principe “save to invest” génère des économies qui financent des investissements totalement pérennes basés sur un modèle d’économie circulaire.

De nombreux champs d’application sont possibles. Par exemple, nous pouvons mieux gérer nos consommations d’énergies grâce à des outils de monitoring et de contrôle comme Cisco EnergyWise Manager (plate-forme issue du rachat de Joulex). Les nombreuses références client à travers le monde montrent qu’en général des économies de l’ordre de 35% de la facture d’énergie sont réalisées. Ces économies peuvent alors être investies dans un plan de transition énergétique.

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Cisco EnergyWise Manager – Gestion et contrôle de l’énergie du bâtiment et du Data Center

Des plans de réduction de déplacements peuvent facilement être mis en oeuvre par l’utilisation des outils de mobilité et de collaboration. Chez Cisco, l’introduction de la Telepresence depuis 2007 a conduit à des économies de l’ordre d’un million de $ par salle… et nous avons installé plus de 1500 salles immersives sur notre réseau! Et dans la sphère publique, je pense à Spot Mairie et ses services administratifs accessibles à distance. Ou encore les télécentres  qui montrent que l’on peut améliorer notre quotidien en effaçant des déplacements contraints.

Les solutions Green IT ne manquent pas. Utilisons-les maintenant!

Olivier.

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Et pour 2014…

Et pour 2014 je vous souhaite une excellente année, pleine de santé, bonheur et succès dans les projets qui vous tiennent à coeur!

Du coté des eco-TIC et du développement durable, 2013 ne restera probablement pas comme un grand cru.

Au niveau international, je n’arrive pas à trouver de points d’inflexion marquants. Ainsi, la conférence mondiale des Nations Unies sur le changement climatique, COP19, qui se tenait à Varsovie n’a pas amené grand développement. Ironie de l’histoire, au même moment se tenait également à Varsovie un sommet international du charbon, organisé avec le support du gouvernement polonais. Voilà le grand écart auquel on assiste: protéger l’environnement mais pas au détriment d’industries qui le mettent à mal. Ou bien l’exploitation à grande échelle des gaz de schiste aux Etats-Unis repousse une fois de plus les efforts américains vers une transition énergétique.

Au niveau national, je ne peux que déplorer le report de la loi sur la transition énergétique ou encore la suspension de l’écotaxe poids lourds (ou devrait-on dire la pollutaxe).

2013 n’a pas tenu ses promesses concernant les mesures phares. Alors, quel espoir?

Et bien, en février se créait l’Institut de l’économie circulaire, présidé par François-Michel Lambert, député de la circonscription de Gardanne.

titre_5676633L’Institut a pour ambition de fédérer et impliquer tous les acteurs et experts concernés dans une démarche collaborative (institutions, collectivités, entreprises, associations,…). En quelques mois, l’intérêt pour le sujet a grandi et le 16 décembre dernier, une conférence rassemblait trois ministres afin de définir une première feuille de route de la France vis-à-vis de l’économie circulaire.

Une démarche à long terme est initiée en vue d’un projet de loi en 2017. L’Institut se hâte lentement…

Si 2017 semble sûrement un peu lointain, rien n’empêche dès 2014 d’anticiper le mouvement et de créer de l’innovation autour de l’économie circulaire.

Mon livre de chevet durant cette période de fête a été “The Upcycle” de William McDonough et Michael Braungart. Les auteurs de “Cradle to Cradle”, l’ouvrage fondateur de l’économie circulaire, publié en 2002. se sont remis au travail en 2013 pour livrer le fruit de leur réflexion à la lumière de leur expérience accumulée pendant ces années. “The Upcycle” n’est aujourd’hui disponible qu’en anglais, mais la traduction française est en cours.

image001-187x300Le livre reprend les principes fondateurs de “Cradle to Cradle” et étend le champ d’application au-delà des produits pour imaginer la ville et la société construite selon ces principes dans une approche globale. La proposition est de réinventer notre monde en partant sur des exigences de design claires dans une dynamique d’amélioration continue. Les perspectives deviennent particulièrement enthousiasmantes puisque le développement durable passe du “Reduce, Reuse, Recycle” (où l’on fait moins mal) au “Redesign, Renew, Regenerate” (où l’on améliore).

Utopie? Doux rêves? Les 217 pages sont abondamment illustrées d’exemples de réalisation ou de pistes de création et prouvent la véracité de l’approche.

Avec William McDonough et Michael Braungart, la crise que nous traversons se transforme en une formidable opportunité d’innovations.

Voilà un superbe chantier à initier dès 2014, non?

Olivier.

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Les bonnes lectures du printemps

Le printemps arrive et annonce le moment des semailles: il faut semer pour récolter!

Je vous propose de profiter du printemps pour semer de nouvelles idées!

Tout d’abord, le livre fondateur de l’économie circulaire, Cradle to Cradle de William McDonough et Michael Braungart, est désormais disponible en français. Cradle to Cradle, abrégé C2C – en français Berceau au Berceau – redéfinit l’éco-conception. Il ne s’agit plus de mesurer l’impact environnemental d’un produit de sa fabrication à son élimination ( du berceau à la tombe – en anglais Cradle to Grave ) mais de repenser le produit dans un cycle fermé où le produit en fin de vie devient ressource pour une réutilisation. Nous ne sommes pas dans le cas classique du recyclage où les matériaux sont récupérés autant que possible et dans la réalité sont sous-cyclés, dans le sens où ils ne peuvent être réutilisés dans leur usage initial, mais dans le cas où ils peuvent être réutilisés à l’infini.La démarche d’éco-conception repose sur la satisfaction de trois critères: bon pour l’homme, bon pour l’environnement, bon pour l’économie. La consommation de tels produits ne génère pas de nuisances externes et transforme le paradigme du développement durable. La question de l’éco-efficacité est remplacée par celle de l’éco-efficience, ou comme le traducteur de l’ouvrage le préfère par l’éco-bénéficience. Cradle to Cradle permet de réconcilier les partisans de l’économie et ceux de l’environnement ; la perspective n’est plus de faire moins mal, mais bien. Et tout le monde y gagne!

Le livre explique pas à pas les principes de la démarche et illustre par de nombreux exemples les réalisations déjà en place. Petit à petit, l’idée se propage et le livre, traduit en plus de 20 langues à travers le monde, a été déjà vendu en Chine à plus de 20 millions d’exemplaires ( le plus grand succès depuis le petit livre rouge de Mao! ). Gageons que l’économie circulaire devrait progresser fortement à travers le monde dans les années à venir!

N’est il pas temps de repenser l’éco-conception?

Le deuxième livre du printemps est l’ouvrage d’Ellen MacArthur, Les pieds sur terre,  qui sort cette semaine. Ce livre reprend le parcours singulier d’Ellen MacArthur qui l’a amené à l’été 2010 à mettre fin à sa carrière de navigatrice pour se consacrer, avec sa fondation, à transformer notre économie vers l’économie circulaire.Son témoignage et son engagement sont une formidable source d’inspiration pour transformer notre environnement de manière durable. A nous de jouer aussi!

Bonnes lectures!

Olivier.

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