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King Kong et La Science des Villes selon Geoffrey West

New Cities Summit Paris – du 14 au 16 mai 2012
Source : www.newcitiesfoundation.org

A l’occasion du sommet New Cities Foundation, le Professeur Geoffrey West du Santa Fe Institute se posait la question  “Are we sustainable ? » (Sommes-nous durables ?), militant ainsi pour une Science des Villes.

Rappelant que les créatures vivantes étaient toutes composées de réseaux (réseaux sanguin, nerveux, lymphatique…) il se lançait dans une ambitieuse comparaison entre la masse des êtres vivants et leur consommation énergétique.

Le modèle naturel serait sans appel : plus la masse est importante, plus le ratio consommation énergétique / masse est allégé, grâce à l’efficacité des réseaux internes.

L’extrapolation du modèle sur les villes confirmerait l’hypothèse selon laquelle la ville de demain pourra améliorer ses ratios par l’efficience des réseaux qui la composent (smartgrids, transport…).

« Quel que soit le continent, quelle que soit sa taille, le doublement de la taille d’une ville conduira à une augmentation organique de 15% de ses facteurs structurels (équipement, taux de criminalité…) et permettra un gain de 15% sur le coût d’exploitation des infrastructures : « L’interdépendance des phénomènes » … ou le renouveau du « Big is beautiful. »

La Science des Villes selon Geoffrey West
(source Steve Juvertson)
(www.flickr.com/photos/jurvetson/45848665)

Les chiffres évoqués en conclusion donnent à réfléchir ; chaque individu consommerait 90 watts par personne pour vivre… sans compter son environnement d’équipements, qui fait pencher la balance vers 11000 Watts par personne (soit un facteur 12)… l’équivalent de la consommation énergétique d’un King Kong de 30 tonnes !

Assurément une autre manière de se regarder dans le miroir…

Pour plus d’information :
A propos de Geoffrey West
Article plus complet sur les intervention à Smart Cities Paris sur le Blog Cisco Smart Cities

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L’immobilier se met au vert

J’interviens depuis plusieurs années sur le sujet de la transformation du bâtiment et de l’immobilier grâce aux technologies de l’information et de la communication. Le sujet a connu un très fort engouement vers 2008, puis j’ai senti que l’intérêt diminuait peu à peu. Les interventions étaient très bien reçues, suscitaient beaucoup de discussions, mais débouchaient rarement sur des projets de transformation.

Depuis quelques mois, je suis à nouveau très sollicité et je sens que les motivations sont différentes. L’heure n’est plus à la veille technologique mais à envisager la mise en place de nouveaux schémas dans l’immobilier. Les divers intervenants de l’immobilier ont muri dans la place du numérique, les préoccupations autour du développement durable augmentent, le coût de l’énergie et de l’immobilier pèse de plus en plus lourd dans les comptes.

J’ai ainsi été invité à présenter au MIPIM (le Marché International des Professionnels de l’Immobilier) à Cannes qui réunissait près de 20000 personnes venant du monde entier. Le salon, qui occupait tout le palais des festivals, débordait également dans de grandes tentes ou des pavillons autour. Tous les acteurs de l’immobilier étaient présents: villes et régions, promoteurs, banques, constructeurs, équipementiers, architectes, etc. J’intervenais dans l’espace Building Innovation où le mot d’ordre était « Think Smart, Build value ».

Il était frappant de constater que le développement durable et la maîtrise de l’énergie étaient affichés dans les priorités des participants.

Si les intentions autour du développement durable étaient explicites, j’ai trouvé que les pistes pour y parvenir n’étaient pas toujours bien nettes.

Ainsi, la contribution des TIC n’est pas toujours bien évaluée. Les systèmes de gestion de l’énergie sont évoqués, permettant d’avoir un pilotage en temps réel du bâtiment, mais le modèle global reste encore bien traditionnel. Les dimensions de transformation de l’immobilier offerts par la mobilité et la collaboration sont trop rarement considérées. La bonne nouvelle est que le numérique commence à être considéré et la création de l’espace Building Innovation au MIPIM est révélateur (même si l’innovation n’est pas que numérique).

Pourtant, des solutions déployées et les modèles économiques existent à travers le monde. Mais les rythmes d’évolution du secteur immobilier ne sont pas les mêmes que dans celui des technologies de l’information et la meilleure pratique y prend beaucoup plus de temps pour devenir la pratique courante.

Alors je continue mes interventions publiques (la prochaine aura lieu lors du salon Bureaux Expo le 3 avril prochain) et mes rendez-vous sur des projets de refonte immobilière. Et au fil des projets, je constate que les TIC sont prises en compte plus tôt dans le cycle de vie du bâtiment, que nous sommes contactés par les services généraux ou les équipes immobilières et non plus seulement par les directions informatiques. L’idée de l’IP comme quatrième fluide du bâtiment, au même titre que l’eau, le gaz et l’électricité, fait son chemin. Le réseau IP permet de décloisonner l’information et de redéfinir la palette de services destinés aux occupants (mobilité, collaboration, information, …) ou à la performance du bâtiment (gestion des énergies, maintenance, occupation,…). Le numérique est une des clés de la transformation du bâtiment vers le bâtiment durable, qui fournit des services aux occupants tout en respectant l’environnement par la maîtrise des ressources.

L’immobilier se met au vert, mais d’un vert encore un peu pâle…

Olivier.

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Plein gaz à Mumbai

J’évoquais dans mon article « Parlez-vous négaWatt? » l’utilisation de la méthanation pour transformer le surplus d’énergie de flux (l’électricité) en énergie de stock (le méthane). Le méthane ainsi produit est ensuite injecté dans le réseau national de distribution de gaz de ville. Il peut très facilement être utilisé comme carburant pour les véhicules à moteur à explosion. La mobilité devient ainsi durable car basée sur du gaz renouvelable.

Voilà pour la théorie.

Coté pratique, quelle est la difficulté d’adapter le parc de véhicules au gaz?

Je reviens de Mumbai et ma première surprise a eu lieu à la sortie de l’aéroport. Je monte dans le taxi qui m’amène en ville et il s’arrête au bout de quelques minutes pour aller faire le plein.

Je m’étonne de la forme du pistolet et je m’aperçois que la voiture fonctionne … au gaz naturel!

Le pistolet vient se connecter sur le bouchon du réservoir situé dans le capot moteur. L’adaptation du moteur au gaz est realisée par une modification du carburateur. Simplissime!

Le gaz est stocké dans un réservoir placé dans le coffre.

La modification de la voiture est minime. Seules les parties carburant et carburation ont été touchées.

Pour entrer dans la mobilité durable, il suffit de remplacer le gaz naturel par du gaz naturel renouvelable et le tour est joué!

Qu’attendons-nous?

Olivier.

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Parlez-vous négaWatt?

La transition vers une société durable, basée sur des principes de l’économie circulaire demande à revoir les cycles de production et à travailler sur une éco-conception où les ressources sont préservées tout au long du cycle de vie du produit. Elle demande aussi à recourir à des énergies renouvelables pour toutes les transformations. L’énergie est donc un élément structurant de nos sociétés.  Et en France, nous ne produisons qu’environ 14% de notre énergie à partir de d’énergies renouvelables (essentiellement hydraulique)…

Comment réussir la transition énergétique ?

C’est l’exercice auquel s’est prêté l’association négaWatt qui vient de publier la troisième révision d’un scénario de transition énergétique de 2011 à 2050 dans un épais ouvrage intitulé le Manifeste négaWatt (publié aux éditions Actes Sud – 20€ chez tous les bons libraires).


Cette étude, unique au monde, est issue de l’association négaWatt composée de spécialistes de l’énergie, travaillant sur une approche systémique de la question de l’énergie à l’échelle d’un pays.

Le livre reprend les enjeux, la situation actuelle, la méthode de transition utilisée et propose un scénario de transition réaliste. Il se lit comme un roman ! Sauf que nous sommes dans la vraie vie et que les solutions proposées ne relèvent pas de la science-fiction… Toutes les technologies décrites sont disponibles aujourd’hui et s’il y aura des innovations dans le domaine des énergies renouvelables dans les 40 prochaines années, le scénario ne dépend pas d’elles pour être viable. Ces innovations ne rendront la transition que plus facile ! Encore faut-il s’engager dans cette voie…

Les piliers du plan

Le scénario négaWatt repose sur trois piliers : la sobriété énergétique, l’efficacité énergétique et les énergies renouvelables.

Sobriété énergétique ne signifie pas indigence ou pénurie. Il n’est pas question d’un hypothétique retour à la bougie mais de partir précisément de nos besoins en énergie dans  les trois usages de l’énergie : la chaleur (et le froid), la mobilité et l’électricité spécifique (éclairage, électroménager, informatique, électronique, force motrice) pour remonter ensuite vers les solutions de fourniture d’énergie primaire.

L’association négaWatt a ainsi collecté et analysé des milliers de paramètres et construit un modèle numérique afin de  simuler le scénario de transition heure par heure jusqu’en 2050 ! En effet, l’électricité est une énergie de flux qui se stocke assez difficilement et il faut en permanence équilibrer le réseau. Les technologies de Smart Grid sont importantes dans ce contexte…

Une pépite : la méthanation

Le scénario négaWatt privilégie la transition douce et la réutilisation de l’existant. J’ai particulièrement apprécié la pépite de l’utilisation de la méthanation.

L’électricité se stocke mal. Aujourd’hui, le surplus électrique est principalement stocké avec de l’hydraulique, en turbinant l’eau à l’aval des barrages vers la retenue d’eau du barrage. Des travaux sont en cours autour du stockage en chaleur, en hydrogène, en air comprimé, mais aucune solution n’est facilement déployable à grande échelle.

La proposition du scénario négaWatt est d’utiliser un procédé inventé par Paul Sabatier, récompensé en 1912 par le prix Nobel de chimie : la méthanation (ou réaction de Sabatier). Ironie de l’histoire, le prix Nobel 1911 de chimie avait été décerné à Marie Curie pour ses travaux sur la radioactivité et a – quelques décennies plus tard – conduit au nucléaire ! Il est peut-être temps de donner à la méthanation sa chance…

La méthanation permet de produire du méthane (CH4) à partir de dihydrogène (H2) et de gaz carbonique (C02). Le méthane compose l’essentiel du gaz naturel (le gaz de ville). La production d’hydrogène peut aisément s’effectuer à partir de l’hydrolyse de l’eau avec de l’électricité. Le gaz carbonique peut être récupéré auprès des processus industriels utilisant la combustion.

L’idée est donc d’utiliser le surplus d’électricité produit par les systèmes renouvelables (éolien, photovoltaïque, biomasse) pour produire de l’hydrogène qui est transformé par méthanation en méthane.

Le méthane est ensuite injecté dans le réseau de gaz pour être stocké et distribué partout en France! Le réseau de distribution de gaz dessert en effet 70% de la population française!

L’électricité, énergie de flux, est ainsi transformée en gaz naturel renouvelable, énergie de stock !

Cerise sur le gâteau, le gaz est très facilement utilisable dans les moteurs à explosion classiques et peut donc servir à substituer au pétrole le carburant de nos voitures. Il faut seulement changer le réservoir de carburant et le carburateur… La combustion ne génère que du CO2 (pas de particules). La question du vecteur énergétique pour la mobilité est donc correctement solutionnée, sans bouleverser totalement le modèle actuel.

Quelle pépite !

Une approche systémique

Le scénario négaWatt ne se limite pas à l’énergie et inclut les questions de l’utilisation des ressources naturelles (pour la nourriture notamment) ou encore l’aspect social (avec la création d’emplois).

L’objectif est de « Léguer à nos descendants non pas des fardeaux et des coûts, mais des bienfaits et des rentes ».

Le manifeste négaWatt fournit un scénario de transition basé sur 10 mesures principales concrètes; elles assurent les orientations structurantes.

Et dès 2045, la France devient autonome à 91% en énergie!

Cette autonomie énergétique a bien sûr une répercussion forte en termes économiques (importations), environnementaux et sociaux (stabilité, des prix, emplois non délocalisables).

N’est-ce pas du développement durable?

Et les éco-TIC?

Les éco-TIC ne sont pas oubliées. Déjà la simulation a été essentielle pour confirmer la véracité du scénario. Et elles sont largement utilisées dans la gestion des énergies (smart grid, efficacité énergétique) comme dans la transformation d’usages (éco-mobilité, mise en place de circuits courts, télécentres (appelés hotels d’activité), etc.).

Quelle suite?

Pendant longtemps, les réponses de nos gouvernants sur la transition énergétiques vers les énergies renouvelables se limitaient à un laconique « ce n’est juste pas possible techniquement». L’association négaWatt prouve le contraire.

La question ne se pose plus maintenant sur le thème de la faisabilité mais sur un choix de société.

Voulons-nous vivre dans une société réellement durable ?

Olivier.

PS : lisez et faîtes circuler ce manifeste négaWatt ! Le débat doit progresser…

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EEE ou l’Ethernet à géométrie variable

Ethernet ne finit pas d’évoluer depuis sa création en 1973 par Bob Metcalfe.

L’IEEE (Institute of Electrical and Electronics Engineers) gère sa standardisation à travers le groupe 802.3 et a standardisé en septembre 2011 la spécification 802.3az  en inventant l’Ethernet à géométrie variable.

Logo du groupe de travail 802.3az

Logo du groupe de travail 802.3az

La spécification 802.3az ou EEE (pour Energy Efficient Ethernet) a été imaginée pour optimiser la consommation électrique d’Ethernet. La consommation électrique d’Ethernet est fonction de son débit (en fait de la fréquence des horloges utilisées pour transmettre l’information). Plus le débit est élevé et plus les horloges utilisées doivent battre avec une fréquence élevée et consomment d’électricité. Avec les évolutions vers le 10Gb/s, puis 40 et 100 Gb/s à venir, les consommations électriques sont amenées à augmenter.

L’idée de l’Energy Efficient Ethernet est de modifier le fonctionnement de l’interface en fonction du trafic. S’il n’y a plus de trafic à transmettre, l’interface Ethernet bascule très rapidement dans un mode de basse consommation et se contente d’envoyer périodiquement des paquets de rappel (« Refresh ») afin de signaler à son correspondant qu’elle est toujours opérationnelle.

Gestion de la mise en veille et du réveil

Le protocole EEE définit les modalités de mise en basse consommation et de réveil. Les deux extrémités de la connexion doivent supporter EEE pour utiliser ce mode de basse consommation.

Cisco commercialise deux modules Ethernet offrant le support de l’EEE sur le catalyst 4500, un module 48 ports 100/1000 Base-T UPOE et un autre non UPOE (respectivement WS-X4748-UPOE+E et WS-X4748-RJ45-E). Le passage en mode basse consommation réduit d’environ 1 W la consommation par interface.

Module WS-4748-UPOE-E

Module WS-4748-UPOE-E

L’EEE a pour ambition d’optimiser de manière transparente à l’utilisateur la consommation électrique du réseau et résoud de manière élégante l’optimisation énergétique et la continuité de la connectivité.

Décidemment, Ethernet n’a pas fini de nous étonner!

Olivier.

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Le POE redéfinit la distribution électrique

J’évoquais dans un précédent billet intitulé « POE+ ou que faire avec 25W sur 100m?« , l’impact que le POE amenait dans la distribution électrique.

Ce n’est pas fini!

Cisco vient d’annoncer une nouvelle gamme de commutateurs Catalyst 2960-C, C pour Compact. Ces petits  commutateurs possèdent 8 ports Ethernet 10/100 POE+ et 2 ports Ethernet Gb POE+ également. Ils sont conçus pour connecter un petit bureau, une agence, ou une zone dans un bâtiment. Comme leur nom l’indique, ils sont compacts et se glissent aisément sous un bureau ou dans un faux plafond, le tout silencieusement car ils n’ont pas de ventilateur pour leur refroidissement.

Catalyst 2960-C

 

Une innovation importante concerne le support de la fonction « POE pass-through ». Le commutateur peut en effet être alimenté électriquement par le ou les liens Gb via le POE et, à son tour, alimenter d’autres équipements (comme des téléphones IP) via ses ports 10/100! Selon le nombre et la puissance des liens (POE ou POE+) le commutateur peut fournir jusqu’à 22,4W de puissance via ses ports POE. Le déploiement d’un tel commutateur ne demande plus de prise 220v. Un simple câble Ethernet suffit!

Il est possible de construire des architectures redondées où le commutateur reçoit sa connexion réseau et son alimentation électrique depuis deux sources différentes. L’installation de commutateurs dans les faux-plafonds devient plus aisée et leurs déplacements également.

Le POE pass-through ouvre des perspectives intéressantes aux architectes IT et bâtiment en amenant à la fois la souplesse du déploiement et la simplification du câblage.

Et ce n’est qu’un début! J’ai en effet entendu dire que le POE 52W était dans les cartons…

52W à 100m, POE pass-through: la distribution électrique dans le bâtiment va connaître quelques transformations dans les années à venir…

Olivier.

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Economies d’énergie: partons en vacances ensemble!

Voilà la solution à laquelle nous avons pensé pour diminuer de manière significative nos consommations d’énergie dans nos bâtiments.

Depuis deux ans, Cisco encourage fortement ses collaborateurs à déposer une semaine de congés entre Noël et le jour de l’an. Nous pouvons ainsi mettre en veille la grande majorité de nos bâtiments. Seules les fonctions critiques (comme le support technique après-vente par exemple) continuent d’opérer de manière habituelle. Les collaborateurs qui ne prennent pas de congés peuvent travailler depuis chez eux ou bien dans certaines zones de bureau que nous maintenons chauffées.

A l’échelle de l’entreprise (plus de 70 000 collaborateurs répartis sur plus de 300 sites), nous avons ainsi, en une semaine seulement, économisé environ  8,5 GWh d’électricité et 880 000 $!

Quitte à prendre des vacances, prenons-les ensemble!

Olivier.

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POE+ ou que faire avec 25W sur 100m?

La technologie POE, Power Over Ethernet, transporte de l’énergie sur Ethernet depuis presque dix ans.

Elle est aujourd’hui principalement utilisée pour alimenter des téléphones IP ou des points d’accès WiFI. Elle permet en effet d’éliminer une alimentation 220v tout en offrant le service réseau avec un bilan énergétique favorable: la conversion courant alternatif / courant continue est réalisée au niveau du commutateur avec des alimentations électriques à haut niveau d’efficacité (de 80 à 95% selon la charge), alors que les blocs de conversion classiques ont une efficacité de l’ordre de 50%. Et ces systèmes sont maintenant pilotables via des technologies comme EnergyWise.

Le POE est déjà largement sorti de sa sphère d’utilisation principale, la téléphonie, puisque sont commercialisés :

–        des points d’accès WiFi (voir le catalogue Cisco…)

–        des caméras IP HD (voir également le catalogue Cisco…)

–        des horloges qui se synchronisent par le réseau via le protocole NTP (Network Time Protocol)  (par exemple Inova OnTime)

–        des clients légers qui peuvent même être contenus dans le format d’une prise murale (par exemple Chip PC qui commercialise le modèle Jack PC)

–        des systèmes de contrôle d’accès qui contrôlent et alimentent les lecteurs de badges, les verrous, des contacts secs (comme le Physical Access Gateway de Cisco)

–        des détecteurs de gaz (comme MIDAS par Honeywell)

–        …

D’abord limité à une puissance injectée de 15W, le POE a évolué dans sa version POE+, normalisée par le standard 802.3at-2009, à une puissance injectée de 34W, soit un peu plus de 25W utilisable à 100m (à cause des pertes en ligne).

Quels nouveaux usages envisager avec cette puissance supplémentaire?

Le poste de travail est un candidat naturel au POE. D’abord les tablettes puis les ordinateurs portables. Peut-être avez-vous suivi l’annonce de la tablette Cisco Cius qui sera commercialisée début 2011? Elle s’alimentera et se rechargera sur sa base alimentée en POE…

Cisco Cius, tablette POE

 

Les prochaines générations d’ordinateur qui utiliseront des écrans OLED, des mémoires SSD et des processeurs multicoeurs devraient fonctionner avec 25W. Avec mon MacBook Pro 15″ (écran LCD rétroéclairé par LED, disque dur 5400 tr/mn, processeur dual core), je mesure une consommation électrique de 35W lorsque la batterie est rechargée. Et je ne compte pas les pertes liées à la conversion courant alternatif / courant continu du bloc d’alimentation Magsafe. Avec une alimentation native en courant continu, mon Powerbook actuel devrait s’alimenter en POE+ !

La lampe de bureau, basée sur une technologie LED sera alimentée via le port USB de l’ordinateur ou directement à partir de la prise RJ45 (ou de son successeur), ainsi que le pico-projecteur permettant la visualisation en grand format.

Le POE+ ouvre le champ d’utilisation à des systèmes plus complexes, comme des caméras mobiles (ou PTZ pour Pan Tilt & Zoom), des automates ou encore à des applications liées au bâtiment comme l’éclairage avec des DEL (Diodes ElectroLuminescentes – LED en anglais). La démarche de Redwood Systems va dans ce sens avec la distribution et le contrôle de la lumière par un câblage unique, même si le POE+ n’est pas directement utilisée.

A terme, la distribution d’énergie dans le bâtiment pourrait se transformer avec une utilisation de courants forts pour les systèmes de puissance et des courants faibles pour les consommations spécifiques autour de l’occupant. Et c’est sans compter que les sources de production photovoltaïques produisent du courant continu, et que le stockage d’électricité sur batterie ou sur pile à combustible repose également sur du courant continu.

A travers le POE+, de nouvelles perspectives de conception de bâtiment se dessinent avec une mesure fine des consommations, un pilotage optimal de l’énergie, une simplification de la distribution électrique et une efficacité maximale des usages.

Alors ces 25W sur 100m vont peut-être déclencher une transformation en profondeur du bâtiment à laquelle peu avaient songé il y a dix ans.

Olivier.

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Arch Rock rejoint Cisco : du nouveau dans l’Internet des Objets

Cisco vient d’annoncer le rachat de la société  Arch Rock (http://newsroom.cisco.com/dlls/2010/corp_090210.html) qui développe des solutions de réseaux maillés de capteurs  sans-fil basés sur le protocole 6LoWPAN (au dessus du standard radio 802.15.4). Les réseaux maillés de capteurs sans-fil permettent la mise en place de mesures en temps réel de manière très rapide, non intrusive (pas de câbles à tirer) et souple.

Arch Rock commercialise notamment des solutions de comptage électrique. Nous avions intégré Arch Rock dans la solution GreenAware que j’évoquais en décembre dernier et Arch Rock propose notamment une solution originale de gestion de l’énergie pour le Data Center  où les compteurs électriques sont couplés à des capteurs environnementaux (température et humidité) permettant de créer une cartographie 3D du comportement énergétique du centre informatique. Les consommations électriques sont remontées en temps réels et les points chauds sont rapidement détectés. Le Data Center est ainsi mieux piloté.

Arch Rock Energy Optimizer dans le Data Center

Les réseaux de capteurs sont essentiels pour obtenir des informations en temps réel sur notre environnement. « On ne pilote bien que ce que l’on mesure » ; encore faut-il mesurer correctement. Par exemple, dans le cas de la gestion de l’énergie du bâtiment, le comptage fait généralement défaut. Les systèmes de gestion technique du bâtiment remontent souvent les compteurs principaux, mais pas les circuits secondaires. Et dans bien des cas, les relevés de compteurs sont encore manuels. Les réseaux maillés de capteurs sans-fil permettent de déployer à moindre coût des systèmes de mesure et de rééquiper rapidement un existant pour construire des tableaux de bords temps réel. Le gestionnaire passe d’une conduite au rétroviseur à la conduite aidée par un tableau de bord. La mise en place de procédures d’optimisation automatique peut être l’étape suivante, soit le pilote automatique!

Cette nouvelle capacité de mesure s’applique non seulement à l’énergie, mais aux fluides, (eau, gaz, fuel,…), au bruit, aux polluants, à la poussière, etc. Les réseaux maillés de capteurs sans-fil sont une composante majeure de l’Internet des Objets qui va transformer notre capacité à mesurer notre impact environnemental et à le réduire.

L’intégration des technologies Arch Rock au portfolio Cisco ouvre des perspectives de nouvelles solutions innovantes dans le domaine de l’efficacité énergétique, puis, à moyen terme, du monitoring environnemental.

A suivre…

Olivier.

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Et si la DSI payait sa facture énergétique?

Aujourd’hui, les directions informatiques ne paient pas les consommations électriques des équipements qu’ils achètent, configurent et maintiennent. L’exception concerne souvent  le Data Center dont les coûts de fonctionnement incombent  directement à la DSI. Il faut avouer que le Data Center abrite uniquement des systèmes informatiques et que la facture électrique peut donc facilement lui être affectée.

Si l’efficacité énergétique est toujours mentionnée comme prioritaire,  l’absence de motivation financière de la DSI freine de manière importante les changements de comportement et les investissements vers des solutions plus efficaces.

La raison principale évoquée par les directions informatiques est l’absence de mesure. En effet, connaître la consommation maximale d’un ordinateur ne renseigne pas sur sa consommation moyenne, ni sur ses heures d’utilisation réelle. Comment être facturé d’une consommation que l’on ne mesure pas ?

Mais le problème est-il réellement de nature technique ? Des solutions arrivent maintenant sur le marché et permettent la construction de tableaux de bord (comme EnergyWise). Et rien n’empêche, dans un premier temps, d’utiliser des estimations à partir de profils types.

L’enjeu est plutôt lié à la gouvernance, à la volonté réelle de s’appliquer le principe du polluer-payeur et d’introduire une contrainte supplémentaire dans sa politique de gestion.

La DSI peut alors lancer des initiatives mesurables et initier une transformation vertueuse vers l’efficacité énergétique où les économies générées sur les consommations électriques permettent de financer les investissements sur des solutions plus économes.

Où en est votre DSI aujourd’hui vis-à-vis de sa facture énergétique? Quels sont les freins pour une transformation vertueuse ?

Olivier.

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