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TIC en Belgique : l’enseignement tire son épingle du jeu, mais les autorités peuvent mieux faire…

- octobre 28, 2016 10:30

L’impact de l’internet sur notre société est tel qu’il est devenu un indicateur du développement socio-économique et de l’innovation.

Remontons environ quarante ans dans le temps… Le jour où la Reine Elizabeth II de Grande-Bretagne fut le premier chef d’État à envoyer un e-mail depuis son compte « HME 2 ». Depuis lors, ce ne sont pas moins de 3,2 milliards d’internautes qui se sont joints à elle. Le trafic de données mondial totalise cette année 1,1 zettaoctet (1021 octets) et devrait encore doubler à l’horizon 2020. L’impact de l’internet sur notre société est tel qu’il est devenu un indicateur du développement socio-économique et de l’innovation.

Dans ce cadre, les autorités jouent un rôle déterminant, comme le constate le Forum économique mondial (FEM) dans son rapport annuel Global Information Technology Report. Ce dernier classe les pays selon le Networked Readiness Index (NRI) qui les évalue sur l’utilisation optimale des technologies de l’information et des communications dans l’économie à large bande.

La Belgique affiche plus ou moins un statu quo dans le classement NRI

La Belgique avance d’une place cette année, se classant 23ème, juste devant la France. De manière générale, nos amis du Benelux font nettement mieux, puisque les Pays-Bas se classent à la sixième place et le Grand-Duché de Luxembourg, à la neuvième.

Enseignement au top

L’analyse des chiffres de notre pays révèle que la Belgique est dans la moyenne européenne pour la plupart des catégories de l’indice. Le FEM encense l’enseignement belge qui, selon son rapport, répond de manière optimale aux besoins d’une économie compétitive et forme la base d’une utilisation effective des TIC au niveau national. Cela se traduit dans le classement, avec une belle cinquième place sur 139 pays !

Notre pays se distingue encore par le taux d’inscription à l’enseignement secondaire le plus élevé au monde, les deuxièmes meilleures écoles de gestion et la troisième meilleure filière d’enseignement des sciences et des mathématiques après Singapour et la Finlande.

Les autorités doivent passer à la vitesse supérieure

En revanche, le FEM est nettement plus « mesuré » dans son évaluation pour ce qui est de l’utilisation des TIC par les autorités et de l’importance qu’elles accordent au rôle des TIC dans le bien-être et la compétitivité économique. En effet, la Belgique ne se classe qu’à une modeste 42ème place, une place de mieux que l’année dernière… Nos voisins font nettement mieux : le Luxembourg occupe la neuvième place, les Pays-Bas, la 14ème, et même la France nous devance très largement, avec une 15ème place.

Par conséquent, les pays limitrophes ont pris une très nette avance en matière de politique publique des TIC, de compétitivité technologique internationale et de services publics en ligne. La France atteint la première marche du podium dans le domaine de la prestation de services en ligne, alors que la Belgique arrive 31ème … Le FEM estime que notre vision numérique pour l’avenir est médiocre, ce qui se reflète par notre 52ème place, entre le Monténégro et l’Ouganda…

Selon l’Union européenne, nos services publics en ligne progressent légèrement. Dans le classement de l’indice européen Digital Economy and Society Index (DESI), nos services publics numériques passent de la treizième à la dixième place, soit dans la moyenne européenne.

Cherté des télécoms en Europe

Hormis l’Autriche, tous les pays européens se distinguent par une très mauvaise accessibilité financière à l’internet et par une compétitivité du même acabit dans le secteur de la téléphonie et de l’internet. Pour l’internet fixe, nous nous classons 59ème ! Mais il y a pire : notre 92ème place pour l’internet mobile, presque en dehors du top 100. En matière d’accessibilité financière, nous sommes classés quinzième en regard de l’indice DESI, ce qui est largement insuffisant.

L’agenda numérique doit être plus ambitieux !

Le Global IT Report du Forum économique mondial montre que le succès économique d’un pays est proportionnel à sa maturité numérique. Dans l’indice DESI général pour la compétitivité numérique, l’UE place la Belgique à la cinquième position. Notre ministre en charge des affaires numériques, Alexander De Croo est encore plus ambitieux, il vise le top 3 avec un agenda numérique misant sur la connectivité, l’e-business, la cybersécurité, la formation et l’e-government.

Nous devrions encore y ajouter l’internet des objets (IoT) où la Belgique pourrait faire nettement mieux. Nous ne voulons pas seulement attirer l’attention du monde avec des chatons, nous voulons faire de la Belgique le centre numérique de l’Europe. Pour le moment, le FEM ne récompense pas encore les efforts déployés par le cabinet De Croo.

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